Sortie de Lubuntu 11.10

Hier, Ubuntu 11.10 est sortie, avec son lot de nouveautés. Vous pouvez retrouver un très bon résumé sur la documentation française  (http://doc.ubuntu-fr.org/oneiric) 🙂

Le point que je vais évoquer en détail, est l’arrivée de Lubuntu dans la famille Ubuntu, avec cette version 11.10.

Mais d’abord, qu’est que Lubuntu ? C’est une distribution dérivée d’Ubuntu (appelée aussi « flavor » ou saveur en français), qui utilise l’environnement de bureau LXDE, au lieu d’Unity/Gnome. Son but est de fournir une alternative très légère et facile à utiliser. En plus de l’environnement LXDE, elle utilise des logiciels complémentaires : Chromium pour la navigation, Openbox pour la gestion des fenêtres, Pidgin pour la messagerie / IRC etc …

Cette version 11.10 est donc la première version officielle de Lubuntu. Derrière ce mot se cache plusieurs avancées :

D’abord, nos images ISO sont maintenant construites avec l’infrastructure officielle, comme toutes les autres distributions Ubuntu. En plus d’améliorer la qualité des images, nous avons gagnés le support du 64 bits, et des ISO alternate, permettant de faire une installation de Lubuntu sur plus de supports. Ces ISO alternate sont d’ailleurs particulièrement utiles sur les petites configurations, qui ont du mal à lancer une session avec un Live-CD.

Également, nous avons eu le soutien des équipes Ubuntu qui travaillent sur les composants que nous partageons. Exemple, plusieurs bugs sur jockey (le gestionnaire des drivers), ou le gestionnaire des notifications ou dans la création des ISO ont été corrigés par d’autres équipes que nous, alors que cela concernait principalement, voir uniquement Lubuntu. Le statut officiel permet d’avoir plus de considération et d’aide 🙂

Pendant le développement, nous avons également profité du site permettant de tester les ISO (http://iso.qa.ubuntu.com/), très pratique pour centraliser les tests et faire venir des testeurs d’ISO.

Bref, c’est l’aboutissement de plusieurs mois de travail, depuis le début du développement de la 10.04. Les développements futurs devraient être plus faciles 🙂

Le changement de statut est clairement l’amélioration majeure de cette version. Mais nous avons fait d’autres changements depuis la 11.04 :

  • Mise à jour de tous les composants LXDE, qui ont enfin eu des sorties officielles. On peut notamment noter la vue hiérarchique dans pcmanfm.
  • Remplacement de gnome-power-manager par xfce4-power-manager : Ce mouvement était nécessaire, gnome-power-manager étant devenu très lié aux composants clés de GNOME avec GNOME 3. Ce mouvement n’est pas non plus optimal, car nous avons récupéré de nouvelles dépendances à XFCE, notamment le gestionnaire de configuration (xfconf).
  • Suppression par défaut de Xchat, Pidgin faisant parfaitement l’affaire pour une utilisation standard. Xchat est de toute manière disponible dans les dépôts.
  • L’ajout d’un plugin pour pidgin pour faire du micro-blogging.
  • Un nouveau thème graphique, toujours fait par Rafael Laguna.
  • Quelques améliorations à la marge, comme la non dépendance des paquets à lubuntu-desktop (permettant de retirer des composants de Lubuntu, en gardant le meta-paquet).

Ne cherchez donc pas de très grands changements sur cette Lubuntu 11.10 🙂 J’espère que cette version aura gagné en stabilité. Nous avons eu très peur, tout au long du cycle de développement, que le passage à Gnome 3 nous oblige à plus de changements. Heureusement, rien de catastrophique n’est arrivé 🙂

Malgré la sortie d’hier, nous allons très vite nous projeter vers la 12.04, et capitaliser sur les améliorations de cette version 11.10 pour faire quelques changements plus visibles. Rendez-vous à l’UDS, à partir du 31 octobre, pour plus de précisions 🙂

 

Liens :

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Demain, c’est Ubuntu-Party à Paris

Au cas où vous ne le sauriez pas déjà, il y a une Ubuntu-Party à Paris ce week-end. RDV à la Cité des Sciences, à la Vilette, pour des installations, des conférences, des ateliers … Il y aura même une courte présentation de Lubuntu 🙂

Plus d’informations sur  http://ubuntu-party.org/paris_lucid

Lubuntu, première !

La première iso « finale » de Lubuntu, en version 10.04 est maintenant disponible :

Torrent (à privilégier) : http://people.ubuntu.com/~gilir/lubuntu-10.04.iso.torrent
Téléchargement direct http://people.ubuntu.com/~gilir/lubuntu-10.04.iso

Mais Lubuntu, qu’est que c’est ? C’est d’abord le projet de créer une version d’Ubuntu basée sur LXDE. Après un an de développement, voici une première sortie, un premier live-cd opérationnel.

Lubuntu, c’est aussi une tentative de créer une version d’Ubuntu spécialement conçue pour les petites configurations. C’est pouvoir redonner vie à un ancien PC, avec tous les avantages qu’offre Ubuntu (support, grande variété de logiciels etc …). Évidemment, il ne faut pas compter avoir les mêmes fonctionnalités que sa grande soeur 🙂 Mais son but n’est pas d’être une solution universelle, mais bien de se focaliser sur sa cible : les petites configurations (vieille machine, mobile etc …), c’est à dire entre 128 et 256 Mo de mémoire et l’équivalent d’un Pentium III.

Cependant, Lubuntu ne fait pas encore officiellement parti de la famille Ubuntu. Un concours de circonstances n’a pas permis que le CD soit construit directement dans l’infrastructure Ubuntu. Mais ce n’est que partie remise 🙂 Toutefois, pour cette version, le CD a été généré « à la main », avec un procédé, certes proche du système officiel, mais pas aussi complet. Cela fait que certaines fonctionnalités du live-cd ne sont pas activée (exemple, il n’y a pas de Wubi). Mais la plupard des paquets sont intégrés aux dépôts officiels, modulo le gestionnaire de fichiers (pcmanfm2) et 2-3 paquets patchés, disponibles dans le PPA Lubuntu-desktop.

Enfin, et bien entendu, Lubuntu 10.04 n’est pas une version LTS.

Pour vous donner envie (ou pas :-)) de tester Lubuntu, voici quelques fonctionnalités :

Pour ceux qui ne connaissent pas LXDE, c’est un environnement utilisant GTK, créé pour être le plus léger possible, en offrant les fonctionnalités essentielles par interface graphique.

  • Chromium, la version open-source de Google Chrome

Alors non, Google Chrome n’est pas inclus dans Lubuntu, c’est son équivalent open-source qui est utilisé. Si les gens qui reprendrons cette news pouvaient ne pas faire l’erreur 😉

Le choix de Chromium a été fait après quelques tests et des discussions assez enflammées sur la mailing list. Au final, il restait 2 autres candidats Firefox et Midori. Le premier a été abandonné car son comportement sur des configurations modestes était moins satisfaisant que les 2 autres. Quand à Midori, la différence de support avec les 2 autres (Mozilla et Google …) et quelques tests pas très positifs, ont fait pencher la balance vers Chromium.

  • pcmanfm 0.9.X, la réécriture du gestionnaire de fichiers pcmanfm

L’une des principales nouveautés est la nouvelle version de pcmanfm. C’est une réécriture complète de ce gestionnaire de fichiers. Basé maintenant sur une bibliothèque à part (libfm), il gagne notamment le support de gvfs.

  • lxdm, le nouveau gestionnaire de connexion

L’autre nouveauté est l’arrivée de lxdm, un petit gestionnaire de connexion (comme gdm, kdm ou slim). Le but a été d’abandonner la dépendance à gdm. Bien qu’il soit encore limité, il permet de réaliser les opérations de base que l’on demande à un gestionnaire de connexions : connexion, déconnexion, support de thèmes, auto-connexion (par édition manuelle du fichier configuration) …

  • Aqualung, le lecteur de musique peu connu

Le choix du lecteur de musique est aussi un sujet très polémique. Dans notre cas, il fallait trouver un lecteur qui ne prennent pas trop de mémoire, ni tout le temps processeur. Si vous ne pouvez plus utiliser votre système quand il joue de la musique, cela limite l’utilité du lecteur de musique 🙂 Aqualung a été le meilleur compromis que nous avons trouvé. Malheureusement, son interface est assez particulière, pas toujours simple à appréhender.

  • Mini iso

Le CD à l’origine fait environ 400 Mo. Nous avons décidé de rajouter toutes les traductions principales (langpacks) vu que nous avions de la marge. C’est pour cela qu’au final, l’iso fait 520Mo. Le système installé fait environ 1,8 Go.

J’espère que vous apprécierez cette version. Pour ma part, cela a été 6 mois de développement très intéressant. Il y a encore beaucoup à faire, beaucoup de bugs qui restent (à mon gout), mais il faut bien se jeter dans le grand bain un jour ou l’autre 🙂

En tout cas, même s’il est trop tôt pour prédire le succès ou non de cette version, elle est attendue (enfin, ça reste relatif quand même :-)). Il y a déjà 2 projets de dérivées de Lubuntu qui ont été lancés, + les variantes LXDE et Fluxbox de Linux Mint qui vont certainement se rebaser sur Lubuntu au lieu d’Ubuntu. Tout cela lancé alors qu’aucune version finale n’était sortie. Lubuntu a aussi talonné Ubuntu dans le classement Distrowatch (c’est toujours sympathique, même si cela n’est pas vraiment une indication fiable). Enfin, les quelques tests et articles sur le web sont plutôt encourageants, malgré une publicité très réduite.

Enfin, les captures d’écran obligatoires :

Le bureau par défaut

Le gestionnaire de fichiers pcmanfm .. qui permet aussi de lancer des appplications

Chromium, le navigateur

Le site officiel : http://lubuntu.net/

Le wiki : https://wiki.ubuntu.com/Lubuntu

Nouveautés dans Ubuntu 9.10 – Partie 3 – La « touche » Ubuntu

3e et dernière partie de ce panorama, consacrée aux spécificités d’Ubuntu, comme le thème ou les programmes développés spécialement pour Ubuntu.

Thème Humanity

karmic_defaulthumanity

C’est le nouveau thème d’Ubuntu. L’ancien thème Human est toujours présent dans les dépôts pour les nostalgiques. Il est difficile de juger un thème, il y aura toujours autant d’avis que d’utilisateurs. Pour ma part, je le trouve plutôt réussi. Ce thème fait moins sérieux, moins austère que Human. Un peu plus fantaisiste à mon goût.

Un reproche quand même, les auteurs ont choisi volontairement d’exclure les icônes spécifiques aux applications, pour privilégier les icônes génériques définis par les standards Freedesktop.org. L’esprit est louable, sauf que pour être cohérant il aurait fallu corriger les applications qui n’utilisent pas ces icônes, ou au moins les plus utilisées. C’est pour cela que Empathy ou Pidgin ont des icônes standards dans la barre de notifications, ce qui fait tâche à coté des icônes gris du son ou du réseau.

Ubuntu Software Center et la non-utilisation de PackageKit

Capture-Logithèque Ubuntu

Le Software Center (ou Logithèque en français) est peut-être la nouveauté qui a été la plus commentée/critiquée pendant le développement. Son ancien nom (Ubuntu Software Store) a fait beaucoup de vagues, car beaucoup le voyait déjà comme un App Store, avec plein de logiciels payants et propriétaires. C’était aussi une autre critique, mélanger logiciels propriétaires et libres dans un seul endroit.

Mais c’est beaucoup de buzz pour pas grand chose, car le principe du Software Center existe déjà depuis des années sur Ubuntu. Il s’appelle gnome-app-install, aussi connu comme le menu « Ajouter / supprimer » avec le fameux mélange de logiciels propriétaires et libres.. Donc sur ce point c’est un faux débat.

Pour ceux qui doutent de l’intérêt d’un tel logiciel pour installer des programmes, venez avec moi aux Install Party voir la têtes des gens « normaux » quand ils se retrouvent devant Synaptic … Je suis un fan depuis toujours de ce concept, car c’est quelque chose que Windows n’a pas, et qui est vraiment pratique pour les nouveaux utilisateurs. Quant a la réalisation, le logiciel est encore très jeune mais parfaitement utilisable. On regrettera que la colonne popularité ne soit plus présente. Cela permet un tri dans les nombreuses applications des dépôts.

Le vrai problème à mon sens de ce Software Center est sous le capot. Car il utilise un système appelé aptdaemon, qui n’est ni plus ni moins qu’une copie du concept de PackageKit pour système utilisant les .deb : le même concept, une implémentation complètement différente, pas toutes les fonctionnalités … Cela réponds à la question « Pourquoi pas de PackageKit intégré par défaut sur Ubuntu 9.10 ? ». Et ce n’est pas vraiment à l’ordre du jour pour le futur, je doute que les développeurs reviennent sur ce choix pour la prochaine version d’Ubuntu, qui sera une LTS. Il y a même plus de chances qu’il débarque sur Debian avant Ubuntu, un développeur ayant commencé à corriger les problèmes ne permettant pas d’utiliser pleinement PackageKit sur un système .deb.

Ubuntu One

Ubuntu One est un service de stockage de fichiers sur Internet, comme DropBox par exemple. Avec le client installé par défaut sur Ubuntu 9.10, vous pouvez synchroniser des documents, des photos, vos notes Tomboy, vos contacts etc … sur plusieurs ordinateurs. Plusieurs tutoriels sont disponibles. Bref un bon moyen pour partager des fichiers si vous avez plusieurs machines sous Ubuntu.

Le service est gratuit jusqu’à 2 Go, et payant si vous avez besoin de plus de place.

C’est une tentative pour Canonical de faire un peu d’argent, même si je ne pense pas que le nombre de personnes qui vont payer pour ce service va compenser ceux qui resterons sur le programme gratuit. Et ne pensez pas que vous pourrez vous amuser à monter un serveur Ubuntu One pour ne pas avoir à payer ce service, la partie serveur est sous licence propriétaire (le client installé étant lui libre).

On peut regretter que ce service ne soit disponible que sur Ubuntu, un portage vers Debian ne semble pas, en théorie, si problématique. On regrettera également la non possibilité de rendre public certains répertoires, ce qui permettrait de le transformer en outil de partage rapide.

L’applet indicateur

indicator_applet2

Avez vous remarquez l’enveloppe près de l’heure, en haut à droite ? C’est un applet spécialement développé par une équipe de Canonical pour réunir toutes les notifications issues des programmes de communication, comme les mails reçus, les « ping » sur IRC, les réponses sur Twitter etc … Pas de grande révolution par rapport à la version 9.04, le principe reste le même, mais il est maintenant affiché par défaut sur le panneau du haut. On notera que l’applet affiche maintenant tous les programmes qui sont enregistrés comme utilisant l’applet, alors qu’ils ne sont pas lancés.

Notify-OSD

Introduit dans Ubuntu 9.04, Notify-OSD est l’application qui gère les jolies notifications en haut à droite de votre écran. Pour Ubuntu 9.10, ces notifications ont reçues pas mal d’évolutions et de corrections. Par exemple, les images ne sont plus floues. Quand on approche la souris de la notification, celle-ci se brouille de plus en plus pour devenir presque transparente quand la souris est dessus. L’effet est des plus sympathiques. Si du côté technique, je suis plutôt content du résultat, plusieurs choix « politiques » qui ont été faits sont beaucoup plus discutables.

Je ne rentrerai pas dans le détail des spécifications de ces notifications (qui en elles-même sont une source non négligeable de critiques). Mais je vais revenir sur 2 choix :

  • Configuration au minimum

Vous avez dû constater qu’il était quasiment impossible de configurer ces notifications. C’est un choix délibéré, pour que tout le monde est la même configuration, plus facile à tester et à corriger. Ajouter des options engendrerait beaucoup trop de bugs et alourdirait le programme. Pour en savoir plus, vous pouvez lire ce mail du fondateur d’Ubuntu et de Canonical qui explique pourquoi la personnalisation, c’est mal. Dommage, car quand on regarde dans les entrailles de Notify-OSD, il a tout ce qui faut pour être paramétrable.

  • Choix politique d’affichage des notifications

Il a été fait le choix d’afficher les notifications d’une certaine manière avec différentes politiques pour les différentes notifications (asynchrones ou synchrones etc …). Quelque chose de plutôt complexe, sûrement mûrement réfléchit. Sauf que ce choix engendre un bug énervant, et facile à reproduire : lancez Ubuntu, lancez le lecteur de musique, lancez la musique, minimisez le, et passez à la chanson suivant avec l’icône de notification et … tiens pourquoi la notification n’est pas tout en haut ?

notify-en-basEt bien ce n’est pas un bug, c’est une fonctionnalité. C’est pour laisser la place à une notification comme le changement du son … Le pire, c’est que quand vous faites remarquer qu’il y a un problème, on vous réponds que changer ce comportement équivaut à changer la politique générale des notifications, déjà décidée de façon très complexe etc … bref une question politique… Heureusement, le programme est suffisamment bien écrit pour que le changement d’1 ligne suffise à remettre le comportement de la 9.04 (patch et paquets disponibles avec la correction sur mon PPA ). Reste à voir la réaction des utilisateurs, ou si ça ne choque que moi et la dizaine de personnes qui se sont exprimés sur le bug et sa vingtaine de doublon…

Ubuntu Entreprise Cloud

Pour finir, citons pour les plus professionnels que Ubuntu a lancé une version appelée Ubuntu Entreprise Cloud, incluant du Cloud Computing utilisant Eucalyptus (d’où le nom de Koala pour la version 9.10). C’est un concept très à la mode, consistant à déployer des serveurs en réseau, accessible par Internet pour disposer de ressources importantes et modulaires. Le but avoué est évidemment de faire payer du support aux entreprises utilisant cette fonctionnalité.

Lexique :

Freedesktop.org : regroupement  qui notamment développe des spécifications communes à tous les environnement de bureaux. On peut nommer les spécifications sur les menus, les fichiers .desktop, les notifications etc … Ce sont des standards de principe, rien n’empêche les applications à ne pas s’y conformer, ou dans le cas des notifications, d’en développer d’autres.

Synaptic : Outil avancé pour la gestion des paquets sous Ubuntu. C’est le « Gestionnaire de paquets Synaptic » dans le menu Administration.

PackageKit : Programme qui gèrent les paquets rpm sous Fedora (installation, désinstallation etc …). Il fonctionne également avec d’autres format de paquets, même les .deb. Il offre également la possibilité de créer des interfaces avec le gestionnaire de paquets, comme par exemple la possibilité d’installer des polices quand on ouvre un document avec ces polices.

LTS : ou Long Term Support, qui corresponds à une version d’Ubuntu qui sera supportée pendant 3 ans pour la version desktop, et 5 ans pour la version serveur. La dernière LTS est la 8.04. la prochaine version d’Ubuntu sera une LTS.

Nouveautés dans Ubuntu 9.10 – Partie 2 – Système

2e partie sur les nouveautés d’Ubuntu 9.10. Nous allons nous intéresser plus particulièrement aux évolutions de certains éléments techniques.

Ext4 par défaut

Les nouvelles installations d’Ubuntu sont désormais faites avec un nouveau format de partition : le ext4. Ce format était déjà disponible dans la version précédente, mais seulement comme une option. Ce nouveau système vient remplacer le vieillissant ext3 (qui pour rappel n’est que le format ext2 encore plus vieillissant + une journalisation). Ext4 intègre plusieurs améliorations déjà présentes dans des systèmes de fichiers récents, comme l’allocation retardée (pas d’écriture immédiate sur le disque), système d’extend (espace réservé pour écriture de fichiers volumineux), une vérification (fsck) plus rapide etc … Il faut considérer ce système comme une très grosse évolution de ext3, pas une révolution. La révolution sera pour plus tard, avec l’arrivée de btrfs, le système de fichiers de nouvelle génération, encore en test dans le noyau.

Kernel Modesetting pour ATI/Intel

Le kernel modesetting (appellé KMS) est une évolution de la gestion des drivers graphiques. Ce mode permet au noyau de prendre en charge l’affichage, dévolu auparavant au serveur Xorg. Il permet une amélioration globale des drivers graphiques (gestion simplifiée, pas de rupture dans la séquence de démarrage, meilleure gestion de l’hibernation, possibilité de lancer Xorg sans les droits root, garder une interface graphique lors du crash de Xorg (oui c’est le blue screen of death) …). Ce mode nécessite des drivers adaptés, mais aussi une adaptation au niveau du noyau. Ubuntu 9.10 intègre par défaut ce support pour les cartes Intel. Pour ATI, le support est disponible en test sur un PPA (Attention ! ce sont des paquets non officiels, et potentiellement, très instables !)

Pour les possesseurs de cartes Nvidia, un gros travail est actuellement en cours niveau noyau et drivers. A en juger par cette matrice, c’est en bonne voie.

HAL meurt

HAL est une interface entre les périphériques et les applications, qui sera bientôt abandonnée. Son remplacement (par les DeviceKit-* et udev) est en cours dans Ubuntu 9.10, avec notamment la gestion de l’alimentation, les raccourcis claviers des portables, et la gestion des disques (en passant par gvfs). Il n’y a pas pour l’instant de gain pour l’utilisateur final, mais si vous avez un problème sur 1 de ces éléments ci-dessus, vous savez sur quoi il faut taper 🙂

Empathy & RB versus Pidgin & Banshee

Ubuntu 9.10 aurait pu être une version avec beaucoup de changements pour les applications par défaut. Cela a été presque le cas.

Pour la musique Rhythmbox est toujours là, malgré les nombreuses critiques à son sujet (vieux, pas assez de fonctionnalités, peu développé …). Beaucoup de personnes lui préfèrent Banshee qui fut un temps programmé pour être le lecteur de musique par défaut. Si on peut reconnaître que Banshee possède des avantages (support vidéo, support lastfm supérieur), certains lui reprochent sa consommation mémoire supérieure (surtout quand la bibliothèque est grande), une maturité moins grande, et certaines fonctionnalités encore manquantes par rapport à son concurrent (le crossfading par exemple).

RBvsB

Pour la messagerie instantanée, Empathy a été mis à la place de Pidgin. Si le couple Empathy/Telepathy prends de plus en plus d’importance sous GNOME (partage de jeu, de bureaux etc …), il faut admettre que certaines fonctionnalités manquent encore à Empathy par rapport à Pidgin. Je pense notamment au support IRC, très limité sur Empathy, ou simplement le transfert de fichiers avec les clients MSN (en cours de développement, mais trop juste pour la 9.10). Certes, Empathy possède d’autres avantages (support vidéo plus mature, thèmes Adium …) et dans l’ensemble, Empathy a fait beaucoup de progrès. Mais je le trouve encore un peu limite pour remplacer Pidgin complètement, pour l’utilisation que j’en fais. Mais si vous utilisez Xchat pour IRC et que vous ne transférez pas de fichier par MSN, Empathy devrait parfaitement convenir.

GNOME 3 et Gnome Shell, pas convaincant

Pour ceux qui ne sont pas au courant, GNOME 3.0 est prévu dans 6 mois. Cela ne devrait pas être un aussi grand changement que le passage de KDE 3 à 4. Mais on devrait avoir l’intégration de gnome-shell, un nouveau bureau. Une version « preview » est disponible dans les dépôts. Pour ma part, c’est loin d’être convaincant. Pour les adeptes de Compiz, cela ressemble à un mode Bureau Plat, avec un menu sur la gauche et la possibilité de rajouter des bureaux à la volée. Le panel est minimaliste, non personnalisable et n’affiche plus les fenêtres ouvertes. En plus, je trouve l’ensemble bien plus lent que Compiz. Ajoutez à cela qu’il faut activer la 3D pour le faire fonctionner (comme Compiz finalement), je ne vois pas bien l’intérêt pour l’instant. J’espère que la version finale apportera de vrai avancées en matière d’accès au bureau, d’expérience utilisateur. Parce que pour l’instant, la simple association Compiz + Gnome-Do (+ éventuellement Awn) est bien plus convaincante à mes yeux.

gnome-shell

Et pour finir, n’oublions pas les versions de quelques logiciels phares :

  • Firefox 3.5 (plus rapide, moins gourmand en mémoire, avec support des balises HTML5 <video> et <audio> …)
  • OpenOffice 3.1
  • GNOME 2.28 (entre autres Epiphany avec support Webkit, plein de nettoyage dans les bibliothèques  pour le futur GNOME 3.0 …)
  • noyau 2.6.31 (fr et en) (USB 3.0, KMS radeon et défragmentation à chaud pour ext4 (fonctionnalités expérimentales !), et d’autres améliorations assez techniques :-))

Lexique :

Droits root : droits de tout faire sur le système (tout modifier, tout supprimer). Ce sont les droits que vous avez quand vous utilisez la commande « sudo ». Actuellement le serveur graphique est lancé avec ces droits, ce qui n’est pas des plus sécurisés.

Crossfading : le fait de commencer un morceau de musique avant que le précédent ne soit fini. C’est l’effet de transition des DJ 🙂

DeviceKits-* : remplaçants de HAL, composés de DeviceKits-power pour la gestion de l’alimentation et de DeviceKits-disks pour la gestion des disques. Vous aurez surement devinez que c’est développé par des gens de Fedora 🙂

GVFS : Le remplaçant de gnome-vfs, c’est le système sous GNOME qui gère les volumes, les disques etc … C’est l’outil derrière Nautilus qui permet notamment de faire du FTP directement dans le gestionnaire de fichiers.

Journalisation : Les transactions du système de fichier sont tracées dans un journal, ce qui permet en cas de crash de corriger les problèmes plus rapidement, la vérification s’effectuant en remontant le journal, et non sur tout le système de fichier.

udev : le gestionnaire de périphériques de GNU/Linux.

Telepathy : Framework permettant aux applications d’implémenter facilement des fonctionnalités de communication. Par exemple, on peut partager facilement son bureau avec Vinagre grâce à Telepathy. Certains jeux (comme le Sudoku dans GNOME) ont une fonctionnalité multi-joueurs grâce à Telepathy.

Nouveautés dans Ubuntu 9.10 – Partie 1 – Démarrage

La rumeur va vite se répandre, mais oui Ubuntu 9.10 est sortie aujourd’hui 🙂 N’oubliez pas d’utiliser les .torrent !

Je vous propose de partir à la découverte de certaines nouveautés de cette version 9.10 (surnommée Karmic Koala) en 3 articles :

  • Le démarrage, regroupant tous les nouveaux programmes mis en œuvre dans le démarrage d’Ubuntu
  • Le système, pour les principales innovations générales du système
  • La « touche » Ubuntu, pour toutes les applications spécifiques Ubuntu

GRUB 2

grub2910

Le changement n’est pas flagrant au premier abord. Mais si vous avez effectué une réinstallation, c’est maintenant GRUB 2 qui vous fait démarrer. Compte tenu de la criticité de ce programme, ce changement de version n’est pas anodin. Surtout quand on sait que la dernière version de GRUB 1 est sortie en … 2005 ! Depuis, la plupart des développements sur GRUB ont été faits par les distributions elle-mêmes. On peut citer le passage au UUID pour les disques, ou le support d’ext4.

Place donc à GRUB2 qui nous promet plein de nouvelles choses (interface graphique, internationalisation etc …). Pour l’instant, le gros du travail a été de faire que la migration se passe dans de bonnes conditions.

Upstart

On avait laissé Upstart quasiment inchangé depuis Ubuntu 6.10 (Edgy). Et même à ce moment là, Upstart ne faisait que mimer init, sans vrai gain. Il aura fallu attendre la mode des netbooks et des démarrages en quelques secondes pour que le travail sur Upstart reparte.

Dans Karmic, on a droit a une version refaite, avec quelques scripts init réécrits au format Upstart. A terme, le but est de gagner en rapidité, et de rendre complètement dynamique le démarrage des processus par Upstart. Une bonne nouvelle pour ce projet partagé maintenant avec Fedora et bientôt Debian.

Rapidité

En ce qui concerne la rapidité, si vous avez testé Karmic, vous avez peut être remarqué que le démarrage semblait plus rapide. C’est vrai, mais pas entièrement. En effet, l’ordre de démarrage des programmes a été revu, avec comme but de démarrer Xorg et GDM le plus rapidement possible, en chargeant le reste plus tard. C’est utile si vous utilisez GDM pour rentrer un login et un mot de passe, car pendant que vous les tapez, la machine continue à travailler.

Il est cependant difficile de dire si le gain de temps a été uniforme, certains testeurs disent même que le temps global à plutôt augmenté pour eux. Mais l’optimisation du démarrage est vraiment prévu pour Lucid, quand on sera sûr que cette conversion n’a pas fait trop de dégâts.

Xsplash

xsplash910

Autre élément qui a changé dans la séquence de démarrage de Karmic, c’est l’introduction de xsplash. Il s’agit de l’écran de chargement que vous pouvez voir avant et après vous être connecté par GDM. Il a pour but de faire patienter l’utilisateur entre le démarrage de Xorg et l’affichage de GDM, puis entre la connexion par GDM et l’affichage du bureau. Cette approche a été préférée à Plymouth, l’alternative de Fedora qui se repose sur le KMS. La raison invoquée est que, comme Xorg est lancé très tôt, pas besoin de programme supplémentaire qui ne sera affiché que très peu de temps. Certes, mais on regrettera ce développement spécifique Ubuntu alors qu’une alternative existe déjà.

GDM

gdm910

Vous avez surement remarqué que le look de GDM a changé. Mais vous ne savez peut être pas que le programme derrière a lui aussi complètement changé. Comme GRUB2, GDM 2.28 est un changement radical par rapport à son prédécesseur. Cette réécriture n’est pas nouvelle, la première version de GDM « new look » fut la 2.21, mais Ubuntu ne l’a jamais intégrée, restant à la version 2.20 (toujours présent dans les dépôts d’ailleurs). Le but principal de cette réécriture a été de le faire évoluer avec les technologies actuelles (ConsoleKit, PolicyKit, D-Bus etc …). Malheureusement, la réécriture a laissé des « cadavres » sur la voie, dont le plus visible est la configuration graphique et la configuration du thème. Ne cherchez pas d’outil de configuration un peu complexe (notamment pour les thèmes), ça n’existe pas. Ne cherchez pas à appliquer vos anciens thèmes GDM, ça ne marche pas. Bref, ce n’est pas pour rien que Debian n’a pas encore migrée vers gdm >= 2.21.

Pour finir, vous avez dû également voir que usplash (l’ancienne bar de progression orange avec le logo Ubuntu), a changé de look, remplacé par un logo blanc sur fond noir, sans progression. Si on peut approuver le design (je le trouve plutôt joli), on regrettera que le thème principal est resté orange. Mais on verra le thème plus tard.

usplash910

Lexique :

GDM : Écran de connexion d’Ubuntu et GNOME

GRUB : Programme qui sert a faire démarrer le système. C’est le premier élément à démarrer après le BIOS, là où on choisi le système à démarrer (Ubuntu, Windows etc …).

Init : Programme qui est responsable du lancement des autres programmes. Sur Ubuntu, il a été remplacé par Upstart qui jusqu’à Jaunty se contentait de mimer le comportement de Init.

Plymouth : Alternative à Usplash, l’image qui s’affiche juste après GRUB. Plymouth utilise KMS (ou Kernel-Modesetting, voir 2e article pour plus de détail) et génère un démarrage sans changement de résolution (sans saut d’image).

Upstart : Programme qui est responsable du lancement des autres programmes, comme Init. Il est actuellement utilisé par défaut sur Ubuntu, Fedora, et bientôt sur Debian.

Xorg : Appellé aussi serveur X, serveur graphique, qui gère l’affichage, les drivers graphiques, et les périphériques d’entrée/sortie (écran, souris, clavier etc …)

La suite :

Je suis officiellement développeur Ubuntu (aka MOTU)

Bah voilà, j’ai fini par proposer ma candidature pour devenir développeur Ubuntu. Et ça a marché 🙂 Je suis maintenant officiellement un MOTU (aka master of the universe). Derrière ce titre aux allures mégalo se cache un simple jeu de mots : « universe » (et son pendant « multiverse ») est la partie des dépôts Ubuntu qui n’est pas supportée pas Canonical. Cela veut dire que les MOTU n’ont accès qu’à cette partie des dépôts. On distingue les paquets « universe » par l’absence du logo Ubuntu sur le nom du paquet dans Synaptic.

Donc me voilà capable d’uploader directement dans les dépôts, ce qui devrait me faciliter la tâche dans l’avenir. Je suis tout de même soumis aux règles de calendrier (c’est à dire les gels/freezes). Cela me donnera aussi l’occasion de faire plus d’articles sur ce blog qui est resté très muet depuis quelques temps. Et j’ai aussi quelques extras rigolos (une adresse @ubuntu.com, le droit de poster sur le planet Ubuntu anglophone …).